HELVETIC SHAKESPEARE COMPANY
Valentin Rossier


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LE GRAND CAHIER, de Agota Kristof
La pièce a été créée au Théâtre Vidy-Lausanne et a été jouée au théâtre du Grütli en 2003 (dans le cadre de la Fête du Comédien).
Elle a tournée en Suisse et en France. Elle a été présentée au festival d'Avignon en 2004, à la Manufacture.
Avec le soutien de la Ville de Genève et de la Loterie Romande.
Mise en scène et jeu : Valentin Rossier
Lumières : Laurent Junod
Régie : Davide Cornil
photo: ©Mario del Curto Dans la Grande ville qu'occupent les Armées étrangères, la vie est devenue impossible.
La disette menace. Une mère conduit donc ses enfants à la campagne, chez leur grand-mère.
Terrible grand-mère : analphabète, sale, avare, méchante et même meurtrière, elle mène la vie dure aux jumeaux. Loin de se laisser abattre, ceux-ci apprennent seuls les lois de la vie, de l'écriture et de la cruauté.
Abandonnés à eux-mêmes en un pays en proie à la guerre, dénués du moindre sens moral, ils s'appliquent à dresser chaque jour, dans un grand cahier, le bilan de leurs progrès et la liste de leurs forfaits.

- Vous connaissez donc les Dix Commandements. Les respectez-vous ?
- Non, Monsieur, nous ne les respectons pas. Personne ne les respecte. Il est écrit «Tu ne tueras point» et tout le monde tue.
Le curé dit : - Hélas, c'est la guerre.
Agota Kristof, photo: ©Yvonne Böhler
Agota Kristof

La survie de deux enfants dans la guerre
Cet homme en costume sombre, là, seul sur la scène dans un rond de lumière, va-t-il bouger, à un moment ou à un autre? Non, il restera immobile, les jambes plantées dans le sol, les bras le long du corps, laissant à son visage et à sa voix le soin de dire Le Grand Cahier, d'Agota Kristof.
Et ils diront tout, et vous verrez tout - les enfants, la guerre, la vie plus forte que la mort obsédante - passer à travers eux, en d'infimes modulations que vous suivrez comme le trajet d'une goutte sur une vitre, happé par ce jeu du peu qui devient grand comme une scène du monde.
Oui, cet homme, le comédien suisse Valentin Rossier, franchit seul cette frontière imperceptible mais bien réelle ou ce qui pourrait n'être que la simple lecture d'un texte devient théâtre.
Brigitte Salino
Le Monde, vendredi 27 janvier 2006

2004

Valentin Rossier ne dit pas le Grand Cahier, il le délivre, le porte en chaque spectateur, créant une profonde émotion sans pathos. Dans la grande kermesse d'Avignon, le Grand Cahier interprété par Monsieur Rossier a plus que voix au chapître.
Eric Glover, Courrier International .com (23 juillet 2004)

L’effort est intense de faire vivre tous ces personnages. La douceur, l’immobilité, la concentration doivent être totales. La situation est comparable à celle du dompteur devant ses fauves. Le moindre geste déplacé, le moindre manque de tact et la violence terrifiante des personnages nous emporterait, d’autant que là, rien ne nous protège, sinon "nous-mêmes". Cette pièce est une des plus forte que j’ai vue dans ce festival, autant par le jeu de l’acteur que par la lucidité et la pertinence du propos.
Claude Kraift, Revue-spectacle .com (27 juillet 2004)

Le texte est dit avec une froide passion extrêmement controlée, ce qui rend d'autant plus dures les scènes évoquées. C'est un très beau travail d'acteur et de mise en scène d'une oeuvre qui mérite vraiment d'être connue. A voir toutes affaires cessantes.
Henri Lépine, La Marseillaise (30 juillet 2004)

A LA CREATION, 2003

Un travail tout rempli d'intelligence, de finesse, d'habileté. La rythmique a été bichonnée, en liaison directe avec les éclairages (Laurent Junod). Une densité renforcée par la calme et forte présence scénique de Valentin Rossier, laissant vibrer d'intimes résonances tout en paraissant impénétrable (...) Ni lecture ni incarnation: une voix intermédiaire, entre le jeu et le détachement, sur le fil du rasoir.
Michel Caspary, 24 heures (7 novembre 2003)

L'acteur genevois plonge avec un rare bonheur dans le chef-d'oeuvre d'Agota Kristof.
Alexandre Demidoff, Le Temps (11 novembre 2003)

Il y a quelque chose du duel dans cette manière de planter ses yeux dans ceux du public et d'adresser la matière sans chercher à plaire. Quelque chose de la provocation un peu butée et de la forte tête. Autant dire, une adéquation parfaite avec ce que le récit véhicule d'innocence sacrifiée et de fierté trop affichée pour ne pas être blessée. (...) Face à cette matière qui donne à voir et à sentir, Valentin Rossier joue les passeurs de talent.
Marie-Pierre Genecand, Le Courrier (19 novembre 2003)

Un prodigieux oubli de soi pour le bonheur du texte.
L'express (3 décembre 2003)
LE GRAND CAHIER EN TOURNEE, DE NOVEMBRE 2005 A MARS 2006 :
Espace Nuithonie - Fribourg, Théâtre du Grütli - Genève, Théâtre de l'Atalante - Paris, Théâtre du Passage - Neuchâtel, la Neuveville - Berne, Théâtre de la Tête Noire, Sarran - Orléans
 
©HELVETIC SHAKESPEARE COMPANY, Genève, Suisse, Geneva, Switzerland

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